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DRINK ZERO : UN NOUVEL ACTEUR DANS LE MONDE DU « SANS-ALCOOL »

Il s’appelle Quentin Moraud. En septembre 2020, il a lancé sa structure d’importation et de distribution 100% spiritueux « désalcoolisés ». Bien connu de la communauté du bar parisien, cet expert en spiritueux tente l’aventure de l’entrepreneuriat en pleine crise de la Covid. Rencontre.  

Le Dry January vient de s’achever, et pourtant les bonnes résolutions de 2021 en vue d’endiguer sa propre consommation d’alcool ne sont pas révolues. Avec un marché des spiritueux sans alcool en progression, le plaisir de savourer un gin tonic à zéro degré n’est plus une utopie.

Quentin Moraud, ancien responsable du développement spiritueux chez le grossiste Milliet, l’a bien compris. Sa première découverte avec cette catégorie healthy remonte à 2018 avec le britannique Seedlip, pionnier dans son genre. Un vrai coup de cœur qu’il référence illico dans le catalogue du distributeur. Après son départ de la société fin 2019, cet amoureux du monde liquide poursuit ses investigations dans ces produits « bon pour la santé ». « J’ai rencontré différents producteurs à ma dernière visite au salon Bar Convent Berlin en 2019 et j’ai commencé à faire du consulting pour différentes marques comme Real Kombucha, un kombucha d’origine britannique, et Memento, une eau distillée napolitaine. Je leur ai communiqué une vision panoramique du marché pour comprendre le réseau de distribution en France », raconte Quentin.

Une nouvelle vie professionnelle dédiée au zéro degré

Le premier confinement amène le jeune entrepreneur à changer de mode de vie : finis, le tabac et l’alcool ! De sacrés objectifs pour mener à bien son projet. « J’ai réalisé une longue étude en France et à l’international, explique l’intéressé. J’ai constaté que le marché est saturé de gin sans alcool en Europe tandis que les États-Unis ont le vent en poupe avec ceux qui utilisent du CBD. En France, il n’existe que 8 marques. Nous avons l’avantage d’avoir pris un certain retard, ce qui nous permet de mieux réfléchir sur cette catégorie et de naviguer sur des produits avec d’autres arômes. N’oublions pas que nous sommes un pays d’histoire et de terroir. »

Erika Ollén, cofondatrice de Gnista spirits

Pourtant, Quentin a pris le parti de distribuer uniquement des producteurs localisés hors des frontières françaises. « La majorité des marques tricolores travaillent en direct. En novembre 2019, j’ai démarré, avec ma structure Drink Zero, mon travail d’importation et de distribution avec Gnista, seule maison suédoise à avoir son master blender. Elle utilise des méthodes classiques de production : distillation, macération, et vieillissement en barrique. Celle-ci propose 2 produits destinés au cocktail : une version florale, et une version vieillie en fût de chêne (idéal pour un mixed drink sour). D’autres négociations sont en cours avec une maison anglo-mexicaine de tequila zéro degré dopée par des ingrédients naturels, et une entreprise britannique avec un gin free alcohol à base de verveine. Pour la sélection des marques de mon catalogue, j’ai besoin d’éprouver un vrai sentiment en bouche. » À découvrir au premier trimestre 2021.

Une stratégie de commercialisation bien étudiée

Durant cette crise sanitaire et ces 2 périodes de confinement, Quentin Moraud a eu le temps de penser méthodiquement à son mode de distribution et à son modèle économique « Comparativement à ce qui existe sur le marché, je propose une tarification très abordable : 18 € TTC pour le prix bar, et 19 € pour les particuliers. Il faut compter aujourd’hui entre 30 et 40 € pour un spiritueux sans alcool, un prix prohibitif pour un cocktail sans alcool dans un bar. Pour ma cible, j’ai travaillé sur des profils de consommateurs communs en France et dans le reste de l’Europe, sauf qu’en France cette cible devait se rabattre sur tous les autres produits – par exemple les sodas aromatisés. Les conditions de vie d’aujourd’hui m’amènent vers une clientèle de jour et aspirant au bien-être. Pour les points de vente, je vise des magasins ayant la volonté de transmettre l’information sur ce type de produits et l’envie de proposer un complément d’offre afin d’augmenter le panier moyen. Quant aux CHR, bars, restaurants et coffee shops, je cible, pour mes marques, des bars sensibles à ce nouveau type de consommation healthy.

Aujourd’hui, ma mission est de proposer aux barmen des produits ayant un intérêt qualitatif avec une histoire et une traçabilité claire sur les matières premières ; il s’agit d’être inventif avec une vraie rentabilité achat-offre qui les incite à proposer quelque chose de différent au client final sans cannibaliser leur savoir-faire et leur légitimité au bar. D’ici quelques années, cette catégorie devrait atteindre environ 8% du marché de la catégorie « spiritueux » globale. Un beau défi ! »

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Écrit par Laurence Marot

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