in

LE MONDE DU COCKTAIL : UN ÉCOSYSTÈME À PART ENTIÈRE

C’est désormais un marché à part entière. Ce qui, il y a 20 ans, n’intéressait qu’une poignée d’experts tels que barmen, producteurs, distributeurs entre New York et Londres s’est transformé en une industrie globale, aussi structurée que celle de la gastronomie. Explications.

Grâce à des pionniers comme Dale DeGroff, Sasha Petraske, Audrey Saunders ou encore Jim Meehan, c’est dans les années 1990 à New York que la nouvelle vague a pris feu : produits frais et maison, retour aux classiques, bars où le cocktail est roi. Londres a ensuite mis le turbo avec des palaces mythiques tels The Savoy, The Connaught ; et ses temples indépendants tels LAB, Milk & Honey ou Trailer Happiness. Et la France, longtemps spectatrice, figure à présent dans le peloton de tête : Paris a lancé la dynamique, suivie par une ribambelle de bars créatifs dans tout l’Hexagone, des marques ambitieuses, et un public de plus en plus éduqué.

Selon Emergen Research, le marché mondial du cocktail pesait 20,5 milliards de dollars en 2024 et s’élèvera à 35 milliards d’ici 2034, porté par un TCAC (taux de croissance annuel composé) de 5,5 %. Oui, on peut parler d’effervescence. La démocratisation a tout bouleversé : journalistes spécialisés, influenceurs, rubriques lifestyle, podcasts, tutoriels… les réseaux sociaux ont offert une scène mondiale aux bars et aux barmen.

Le cocktail n’est plus seulement un plaisir agité au shaker : c’est un produit culturel, qui pèse dans l’économie de l’hospitalité. Autour gravitent désormais des investissements massifs des géants du spiritueux (Diageo, Bacardí-Martini, Pernod Ricard, Campari, Brown-Forman, La Martiniquaise-Bardinet, Suntory Global Spirits, Moët Hennessy, Rémy Cointreau, Edrington…), une bataille d’image entre marques premium, des concours transformés en machines à visibilité, et une multiplication […]

Ça vous a plu ?

Écrit par Laurence Marot

SEED LIBRARY : ENTRE LONDRES ET LA GROSSE POMME (NEW YORK)