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MAH SPIRIT, UN SPIRITUEUX INSPIRÉ DU TERROIR INDIEN

Il va faire grand bruit auprès des barmen férus de liquides artisanaux et exotiques. Ses créateurs ont rendu hommage à l’un des plus anciens d’entre eux : le Mahua, distillé à partir de fleurs.

Sa bouteille est ornée d’un animal hybride, tout droit inspiré de la mythologie indienne. Entre un tigre et un éléphant barétant. Son profil aromatique dévoile des notes florales très surprenantes.

À défaut d’être des experts de la distillation, les fondateurs de Mah Spirit connaissent bien la culture tribale indienne. Matias Echanove, urbaniste, et Rahul Srivastava, anthropologue, travaillent ensemble à Mumbai. Alexis de Ducla vit en Inde et fait de d’entrepreneuriat social. Tous les trois ont pour points communs l’amour de ce beau pays asiatique et un vif intérêt pour le Mahua, spiritueux historique, interdit à la distribution depuis la colonisation britannique.

Les caractéristiques de cet alcool ? D’abord sa matière première, une fleur très aromatique cueillie sur l’arbre tropical, le Mahua, récoltée par des tribus dans toute l’Inde. Enfin une production réglementée uniquement pour un usage interne.

«Le Mahua est un arbre de vie avec l’usage de rituel. Les autochtones ont seulement le droit de produire 5 litres par foyer avec une distillation réalisée dans un alambic rudimentaire à base de plusieurs marmites», résume Rahul Srivastava.

Il y a 3 ans, un projet commun germe autour d’un bon dîner : donner un coup de projecteur sur ce spiritueux ancestral en France en réalisant sa propre cuvée.

«Avant d’être un produit, c’est un projet d’économie rurale et tribale pour des villages menacés par des constructions», précise Matias Echanove. Un quatrième mousquetaire rejoint l’aventure : Gilles de Labarthe, spécialiste du bâtiment, apprend rapidement les clefs du monde des spiritueux.

La production de Mah Spirit réalisée en Charente

En 2019, les 4 entrepreneurs prennent le parti de produire en France ce spiritueux ancestral indien, à partir d’un savoir-faire cognaçais.

«Nous avons bénéficié d’un alignement des planètes en rencontrant la distillerie Royer, qui disposait d’un alambic pour une distillation à basse température. L’outil idéal pour confectionner notre Mahua», commente Gilles de Labarthe, qui a accompagné la distillerie pour le premier batch de 4 000 bouteilles en 2021.

«Nous avons importé 4 tonnes de fleurs séchées venues de 6-7 villages car nous ne souhaitons pas perturber leur économie locale. Les fleurs fraîches ressemblent à des prunes jaunes qui sont laissées séchées au soleil. Pour la première étape de production, on laisse fermenter les fleurs pendant 20 jours dans un volume d’eau avec de la levure de vin de cognac. On obtient un vin de fleurs entre 11 et 12%, qui est distillé à basse température sous vide pour obtenir un alcool titrant à 40%.»

L’aventure Mah Spirit peut commencer.

Un spiritueux à destination cocktail

L’esprit terroir, l’aspect social et l’originalité du spiritueux ont séduit le gratin des distributeurs de spiritueux exotiques.

«J’ai contacté tout de suite Mezcal Brothers parce que son histoire correspondait à la nôtre et qu’il s’agit de distribuer des produits atypiques. Un pourcentage des ventes servira d’ailleurs à aider les villages, ajoute Gilles de Labarthe, qui a déjà reçu les éloges de pointures du bar comme Lucas Maraton, cofondateur du bar Symbiose à Bordeaux. Mah Spirit a été un coup de cœur au niveau de l’histoire de cet arbre sacré et du profil aromatique. Il me rappelle la fraîcheur et la texture de l’arak. Je le travaille en cocktail dans la même ligne directrice qu’un pisco ou un arak. Le premier verre que j’ai réalisé est un Mahua Sour. Le côté citronné matche très bien. J’aime le travailler également en version Chicago Sour avec un top de vin mais aussi en Sazerac avec le bitter Peychaud, qui rehausse la fraîcheur de ce spiritueux. Pour la prochaine carte, j’ai choisi d’utiliser avec Mah Spirit uniquement des produits indiens. Sa recette : un highball épuré qui s’inscrit dans l’air du temps. Il est composé d’hydromel, d’un thé à base de tamarin et de rose pour l’acidité, et d’un top de bière.»

À découvrir prochainement au bar bordelais. En février, une pléiade d’événements seront organisés dans différents établissements à Paris et en province pour découvrir tout l’esprit de ce liquide authentique.

Prix : 40 € la bouteille de 50 cl à 40%.

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Écrit par Laurence Marot

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