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CES BARS QUI SECOUENT LA SCÈNE COCKTAILS

Nouveaux lieux, concept festif, menus qui stimulent les papilles et secouent les idées : voici 5 adresses inspirantes qui font vibrer le monde du cocktail à Paname.


SUPERFINE : UNE ADRESSE QUI SECOUE LE DIVE BAR

L’adresse vient à peine d’ouvrir mais mérite déjà l’attention des amateurs de belles mixtures et de street food bien sentie. Aux manettes, Vincent Pinceloup (Monsieur Antoine) et Étienne Gatti, jeune entrepreneur, ont investi un lieu culte : le Motel, bar rock indé qui a tenu 18 ans de scène. Leur ambition ? Réinventer le Dive Bar (comprendre : « bar de quartier sans chichis ») version 2025, ouvert de 16 heures à 2 heures et où tout le monde est bienvenu.

Pour ça, ils s’entourent de pointures. Côté cocktails : le consultant Raphaël Blanc (ex-Castor Club, Sherry Butt, et aujourd’hui aux côtés de Margot Lecarpentier chez Ducasse). Côté food : Delphine Laguerre, fondatrice du Sando Club et de Kern. « On voulait un lieu comme à Athènes ou Londres : entre café, cocktails, vins et fermentations », résument-ils. Le décor ? Béton brut, briques et bar central : simple mais efficace, pensé pour le confort, avec un vrai sens du détail. La carte cocktails suit le rythme de la journée, entre coffee-shop et night bar, avec un focus sur le zéro déchet.

Dès 16 heures, on peut se lancer dans un PBBB milkshake boozy (bourbon et peanut butter), un cocktail gazéifié, une Guinness bien fraîche, ou un sans-alcool taillé pour durer. En cuisine, la cheffe mitonne US, comme un burger végé ou un Po’boy crevettes. Et pour rester fidèle à l’âme du Motel, la bande-son garde un vrai ADN rock.

8, passage Josset – 75011


HARMONY : UN BAR À COCKTAILS-CLUB QUI MET LE FEU À PIGALLE

Le bar-club Harmony souffle déjà sa première bougie. Autant dire qu’il fallait un sacré culot pour ouvrir alors que les clubs se traînaient encore après la crise sanitaire. Arnaud Scotty est un barman globe-trotteur célèbre pour ses cocktails chiadés mitonnés au Lipstick et au Syndicat. Il a relevé le défi avec panache. « Je fais du bar depuis 15 ans. Ce projet, je l’avais en tête depuis 2017 et j’avais envie de voler de mes propres ailes », confie-t-il. Installé dans les murs mythiques de l’Otis Club (actif depuis 1979), Harmony mixe hip-hop et R&B avec un décor 80’s revisité : paillettes, velours, carreaux noirs et néons roses à gogo, sans oublier un fumoir façon speakeasy.

Océane Périé et Arnaud Scotty – Photo Benjamin Brette

Ouvert de 21 heures à 6 heures, le bar s’impose comme QG des noctambules amateurs de cocktails pointus et de dance floor. « On a fait quelque chose d’hybride. C’est la vibe que je retrouve à Los Angeles au Night on Earth », explique Arnaud Scotty.

Au bar, les classiques se prennent un coup de peps grâce à ce bartender aux doigts d’or et à Océane, sa cheffe barman lauréate d’un concours Hennessy. Old Fashioned, margarita, Espresso Martini : les noms restent, mais les recettes s’envolent. L’Espresso Martini ? Vedette du lieu marie RTD de Féfé et beurre de cacahuète pour un cocktail gourmand et puissant en vue de rester éveillé jusqu’au bout de la nuit. Pour gérer le rush, prébatchs et dressage millimétré sont de rigueur. Harmony ne néglige pas les non-alcoolisés : sa carte sans alcool revisite les classiques avec la même inventivité. Et pour la suite, Arnaud rêve déjà de créer sa structure pour des aftershows. Bref, Pigalle a trouvé son nouveau QG nocturne où cocktails déjantés, groove et folie urbaine s’entrechoquent sur le dance floor.

Punch Coco élaboré avec 3 rhums : Planteray Cut & Dry, Clément 50°, Eminente

61, rue Rodier – 75009

LITTLE RED DOOR : UN MENU QUI REMUE SES VALEURS ÉCORESPONSABLES

Sous le shaker depuis plus d’un an de The Cambridge Public House, Little Red Door pousse ses branches encore plus loin avec Agri/Culture, un menu où la mixologie rencontre l’agriculture durable imaginée par Hyacinthe Lescouët et son équipe créative.

Et on aime ça ! La carte, imaginée comme un arbre, déploie ses branches pour chaque cocktail : racines dans la terre, feuillage en saveurs, fruits en surprises gustatives. Le cocktail « Carbone » jaillit du tronc avec betterave rouge et ail noir, enveloppés d’un gin fumé et d’un armagnac fruité – hommage à l’agriculture régénérative. Le drink « Régénératrice » s’élance telle une branche sombre et réconfortante mêlant chicorée, orge et Dolin Bitter, célébrant les sols qui reprennent vie. Plus aérien, « Aquaponie » étend ses feuilles vertes et citronnées où basilic, St Germain et vodka Grey Goose s’entrelacent dans un système où poissons et plantes s’épaulent. Le nouveau Little Red Door ne se borne pas à secouer le verre : il fait pousser les idées, raconte, surprend et invite à un voyage sensoriel où chaque cocktail est un fruit suspendu sur cet arbre poétique et écoresponsable.

60, rue Charlot – 75003

ISADORA : NOUVELLE ÉQUIPE ET NOUVELLE CARTE QUI DÉCHIRENT 

Un nouveau chapitre s’écrit pour Isadora. Ce bar nocturne au décor baroque ouvert en 2017 attire autant les oiseaux de nuit que les amateurs de belles mixtures. À deux pas des Halles, l’adresse se réinvente avec une équipe qui pulse d’énergie : Maxime Caillet, ex-Moonshiner et Boubalé, qui devait s’envoler vers les États-Unis, a finalement choisi de rejoindre la maison en tant que chef barman aux côtés de Charly Clain, aujourd’hui associé et ayant repris la direction du bar, et d’Axel Araba. Résultat ? Une carte qui ne passe pas inaperçue, hommage vibrant au mythique Club des 27 (ceux décédés à 27 ans).

De Hendrix à Amy Winehouse en passant par Kurt Cobain, chaque cocktail se lit comme une déclaration d’amour aux icônes perdues, dans une mise en scène visuelle et explosive rappelant l’univers de Jean-Michel Basquiat.

Côté technique, l’équipe joue à fond la partition : spiritueux sur mesure, acétification d’IPA, clarifications, gazéifications, infusions minute sous pression, textures revisitées, sans oublier une vraie démarche écoresponsable. Le coup de coeur ? Purple Haze, clin d’oeil à Jimi Hendrix, qui mélange Rhum Santiago de Cuba 8 ans, Fair passion, vermouth, myrtille, fino, absinthe et un bitter fleur d’atoumo. « You have to go on and be crazy. Craziness is like heaven. »

60, rue Jean-Jacques-Rousseau – 75001

NÉROLI : RETROUVER LES RAYONS DE SOLEIL ET LES SAVEURS DE LA MÉDITERRANÉE

Nouvelle adresse qui éclaire la nuit parisienne : depuis quelques mois, les fondateurs niçois et italiens d’Arbane, planque cocktail chic et intimiste de la rive gauche, s’offrent une seconde vie. Avec leurs racines, quoi de plus logique que pousser les portes de la Méditerranée ? Voisins des experts de l’aperitivo du Blue Bird, ils signent Néroli : un repaire convivial, plus grand public où se mêlent cocktails, vins et assiettes généreuses. Briques, grande tablée, comptoir rayé jaune-blanc, coussins bariolés et terrasse solaire : la dolce vita se déguste aussi en déco.

Derrière le bar, l’équipe mixe des twists de classiques aux accents sudistes qui font voyager : spiritueux français comme eau-de-vie de cactus (figuier de Barbarie), arak, bitter Fusetti, et même huile d’olive. Les vedettes de la maison ? Un Dirty Gimlet version Riviera à la vodka infusée aux olives Kalamata, kumquat, thym et citron, et le Vieux Port, daiquiri marseillais au rhum blanc, pastis, orgeat et citron. À noter : Happy Hour tous les jours de18 heures-20 heures, avec des cocktails à 10 €. Côté fourneaux, soleil assuré : pissaladière, panisses dorées, cordon bleu provençal.

Mamma Mia ! Ici, ça sent bon le sud !

3, rue Saint-Bernard – 75011. www.nerolibar.fr

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Écrit par Laurence Marot

POUR OU CONTRE LES GARNISHS