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ARC INTERNATIONAL, À LA DÉCOUVERTE DU MONDE DE LA VERRERIE

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Fondée en 1825 dans le Pas-de-Calais, l’ancienne Verrerie d’Arques maintient, depuis des décennies, sa suprématie mondiale des arts de la table. Chaque jour, la maison produit, sous la chaleur intense des fours sur son site français de 205 hectares grand comme une ville, des millions de verres. Pour les professionnels comme pour le grand public. Visite de cet incroyable empire.

De l’artisanal à la mécanisation

Innovation, excellence, respect de l’environnement, esprit d’équipe : telles sont les valeurs qui animent aujourd’hui le célèbre groupe nordiste. 7 500 collaborateurs dans le monde, 3 sites de production (France, États-Unis, Chine), 4 500 salariés en France, un chiffre d’affaires de 811 millions € en 2019…

Comment cette petite entreprise est-elle devenue en 200 ans un géant mondial de la verrerie?

Ce succès monumental repose sur les épaules d’une famille d’entrepreneurs visionnaires, les Durand, qui, après la Première Guerre mondiale, rachète la société artisanale du nom de la Verrerie Cristallerie d’Arques. Georges (un ancien de la Cristallerie de Sèvres) et son fils Jacques réalisent dès les années 1930 un coup de génie en introduisant des méthodes de process industriel adaptées au cristal, importées des États-Unis : d’abord le premier four à bassin, les premières presses, et ensuite les premières machines à souffler le verre.

Après la Seconde Guerre mondiale et grâce au plan Marshall, Jacques investit dans d’autres équipements colossaux. Dans les années 1950, la société produit annuellement 15 000 tonnes de verre. Autre innovation majeure en 1968, qui a démocratisé le cristal : la mécanisation de la production des verres à pied en cristal. Une révolution dans l’art de la table.

Une gamme de verre spécifique pour les professionnels

Aujourd’hui, le groupe racheté par un groupe de fonds d’investissement familial réunit dans son catalogue 5 marques (3 pour le grand public et 2 pour les professionnels) et collabore avec différentes grandes enseignes de la décoration, des spiritueux et de la bière. La plus récente, lancée en 2008 et baptisée « Chef & Sommelier », est destinée au monde de la restauration, du vin et du bar.

« Nous souhaitions créer des produits avec une expertise œnologique et un design plus épuré. Nous avons lancé la forme révolutionnaire “Open Up”, entre le verre à vin et la tulipe », raconte Isabelle Wrona, Product Manager Food Service et Barware d’Arc International.

Au rayon du cocktail, la maison rivalise de créativité avec les marques concurrentes à l’international.

« Au départ, nous étions plutôt basiques, aujourd’hui nous avons pris un vrai tournant grâce à la “premiumisation” du monde du cocktail. Nous avons 2 personnes qui écument les hôtels haut de gamme et remontent les demandes. L’un de nos derniers verres à pied, au design très sobre, lancé en 2021, “Nick & Nora”, est pile dans la tendance. »

Ce verre en cristallin, idéal pour des short drinks, figure d’ailleurs dans le catalogue du distributeur de spiritueux Dugas.

Bienvenue dans la magie de la production d’Arc

Chez Arc International, le projet d’un verre ne se monte pas du jour au lendemain. De 6 à 18 mois sont nécessaires avant d’obtenir le produit aux lignes parfaites (le verre Nick & Nora a exigé entre 10 et 12 mois).

« C’est la partie industrielle qui demande le plus de temps », confie Isabelle Wrona.

Il faut d’abord passer par le bureau du design du groupe, dénicheur des tendances de demain, pour élaborer le profil visuel du futur verre au cœur des locaux d’Arc France, 8e site industriel de France, installé dans le Pas-de-Calais. Le projet passe ensuite entre les mains des designers « forme » pour confectionner une maquette en cellulose « dit la patate », qui donne un aperçu du volume du contenant.

Seconde étape : la création d’un verre en résine (en plastique transparent) pour travailler sur le lancement en parallèle à la production du verre définitif.

Dès que les moules des verres réalisés en interne sont prêts, les choses sérieuses peuvent commencer au cœur des entrailles bouillonnantes de la verrerie. Il faut savoir que la matière première d’un verre est composée de 90% de sable, de calcaire et de soude et, pour le reste, de verre recyclé.

Chaque semaine, la maison s’approvisionne par voie fluviale : une péniche ramène, par semaine, 6 000 à 7 000 tonnes de ses différents ingrédients venus de Belgique et stockés à l’abri de l’humidité. Les mélanges des différentes recettes de verres – 4 pour les verres cocktails verre trempé, Krysta (cristallin), High Transparency, Sodocalcique – sont réalisés sur place et livrés toutes les 10 minutes sur le site de production.

Ce site dispose de plusieurs fours géants dédiés à un type de verre ou à un procédé de fabrication, fonctionnant 24 heures sur 24.

C’est ici que le spectacle commence, digne d’images tirées du film de Charlie Chaplin, les Temps modernes : un ballet de milliers de verres, animé par des bras mécaniques sous la chaleur des flammes.

Différentes méthodes de production selon le type de verre

Première étape de fabrication : la matière première est recueillie dans un four de fusion réparti sous 3 bassins. Celle-ci est chauffée sous une flamme de 1 500 degrés avant de se transformer en une patte de verre en fusion qui se dirige vers plusieurs canaux de distribution alimentant plusieurs machines.

Seconde étape : une goutte en fusion appelée « paraison », parfaitement calibrée en forme et en poids (il faut compter 35 g pour un verre à pied) vient couler dans le moule d’une machine qui suit l’une des 2 méthodes de production.

Il y a le « soufflé » (la plus répandue), pour les verres légers et simples. La paraison arrive dans un moule pour être pressée par un poinçon et s’étire pour donner la forme désirée. Elle passe dans un moule de soufflage rotatif pour obtenir la forme finale. Il y a aussi le processus de « presse », pour des verres plus complexes où la goutte en fusion tombe directement dans un moule de finition.

Autre moment magique : le collage du contenant et du pied, fabriqués séparément et simplement soudés par la flamme intense de la machine. Le pied est ensuite réchauffé pour prendre la forme plate d’une galette.

Un verre à pied réclame 3 heures de fabrication. Certains modèles sont réchauffés autour de 600 degrés puis brusquement refroidis.

On appelle cette technique « la trempe », qui permet d’obtenir un verre plus résistant. Le bureau de recherche et de développement du groupe est d’ailleurs chargé d’étudier la solidité des verres, grâce à de longs tests thermiques (passage en machine à laver) ou mécaniques. Une preuve que la Verrerie d’Arc reste la valeur sûre de la verrerie.

ARC France — 104, avenue du Général-de-Gaulle – 62510 Arques.

Écrit par Laurence Marot

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