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BOUT’ À BOUT’ : LA CONSIGNE POUR REMÉDIER À LA CRISE ÉNERGÉTIQUE

Réchauffement climatique, guerre en Ukraine… La Terre vacille et l’énergie flambe, impliquant par là même une modification profonde de nos modalités de consommation. Un constat en phase avec l’action de l’entreprise nantaise Bout’à Bout’, spécialisée dans la consigne de bouteilles, qui cherche à lever 400 000 €.

Si dans le secteur du verre, le recyclage a longtemps été considéré comme un vecteur idéal de transformation, il s’avère, et d’autant plus aujourd’hui, qu’il n’est pas une démarche salutaire. En effet, le processus de recyclage implique une fusion à environ 1 600 degrés durant 24 heures, ce qui le rend très émetteur de CO2 et consommateur en énergie.

Alors comment faire ? En 2016, Célie Couché, adepte du zéro déchet, a fondé l’association Bout’à Bout’ visant à développer la consigne dans la région nantaise. Une pierre à l’édifice qui a depuis roulé sa bosse, l’entité ayant en 2021 créé une entreprise pour industrialiser la filière.

« En 2021, en Pays de la Loire, nous avons accompagné les producteurs dans le réemploi de 500 000 bouteilles », se félicite Yann Priou, le directeur général de Bout’à Bout’ dont le CA a atteint l’année dernière 133 000 €. Un dispositif auquel une centaine de brasseurs, viticulteurs, cidriers… ont adhéré, tant par mesure d’économie que par éthique ou par souhait de véhiculer une image écoresponsable.

260 000 € déjà récoltés

« Concrètement, nous les escortons de A à Z dans la démarche, ajoute Yann. Nous leur délivrons des conseils pour adapter leurs bouteilles et leurs étiquettes. Puis nous nous chargeons de toute la logistique comme la récupération des bouteilles avec 200 points de collecte en distribution indépendante (cavistes, magasins spécialisés bio…) mais aussi de leur lavage via un partenaire spécialisé en la matière. Toutefois, les demandes sont désormais telles qu’il nous faut investir pour augmenter nos capacités. »

Raison pour laquelle Bout’à Bout’ cherche à lever 400 000 €. En vue : l’ambition de réemployer 2 millions de bouteilles en 2022, 7 millions en 2023, et d’étendre sa zone de récupération jusqu’en région Centre-Val de Loire.

Une recherche de financement portée par la communauté citoyenne de LITA.co qui, depuis 2014, organise des levées de fonds pour des entreprises justifiant d’un impact social ou environnemental. Aussi chacun peut-il devenir actionnaire à hauteur de 100 €. Une modalité de fonctionnement qui a déjà séduit producteurs, industriels et consommateurs : Bout’à Bout’ a récolté en quelques jours 260 000 €.

Une image écoresponsable : un atout marketing

Pour que la consigne redevienne un standard dans une période très propice aux économies d’énergie, l’entreprise vise désormais le secteur GMS, et aussi le CHR. Un secteur qui a maintenu la consigne sur certaines grandes références (San Pellegrino, Volvic, Coca-Cola…) par le biais de distributeurs grossistes, mais qui manque d’organisation concernant les productions locales.

« Bien entendu, nous cherchons aussi à étendre le nombre de producteurs pour parfaire la démarche, explique Yann. Certains ont des réserves, notamment sur le fait que toutes les bouteilles doivent être uniformisées selon leur catégorie (bière, vin…). »

Cela nuit-il au marketing ? à l’image de la marque ?

« Aujourd’hui, nous constatons que le segment s’active grâce à des producteurs engagés ayant travaillé sur l’éthique, sur l’impact de leur produit d’un point de vue environnemental mais aussi sur l’expérience responsable qu’ils souhaitent communiquer à leurs consommateurs », insiste-t-il.

Reste que Yann Priou fait le constat de la difficulté à séduire les producteurs de spiritueux, qui ont bien du mal à envisager une bouteille commune standard… Comme si marketing et engagement écologique n’étaient pas conciliables !

À bon entendeur…

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Écrit par Gérald Dudouet

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