Les 18, 19 et 20 avril, l’événement revient pour une édition sur le thème du carnaval. Plus pédagogique, plus confortable mais toujours exigeant, le salon s’adapte à un marché en pleine mutation. Rencontre avec Cyrille Hugon, son organisateur.
Comment se porte le rhum en France en 2026 ?
Le marché des spiritueux haut de gamme traverse une période de contraction. L’ère des achats plaisir est clairement derrière nous. En revanche, le rhum reste positif sur le long terme. En 10 ans, l’offre s’est étoffée et la culture s’est largement diffusée. Aujourd’hui, les jeunes générations consomment plus volontiers du rhum que du whisky.
Paris demeure une place forte avec 5 cavistes spécialisés : Rhum Store, la Maison du Rhum, la Boutique du Rhum (ex-Christian de Montaguère), A’Rhûm, Terre de rhums, sans oublier la Maison du Whisky et son espace dédié aux spiritueux exotiques. Le panier moyen a toutefois baissé : les ventes se concentrent désormais autour de 40 à 50 euros. La catégorie la plus dynamique reste celle des rhums arrangés, portée par des acteurs comme Ti Ced et Rivière du Mat, Isautier ou la Fabrique du Rhum arrangé. Le secteur connaît une crise de surproduction, avec une explosion de l’offre et des prix. Nous sommes incontestablement dans une phase de consolidation.

Après une édition 2025 très fréquentée, quelles ambitions cette année ?
Le contexte nous oblige à revoir notre business modèle. L’objectif est de réduire les frais tout en renouvelant l’expérience. Les masterclasses se poursuivent dans le Hall de la Pinède, avec une approche plus pédagogique que festive, notamment le samedi malgré la thématique Carnaval. Nous avons également choisi de réduire la jauge afin de retrouver un véritable confort de visite, autant pour les exposants que pour les visiteurs.
D’ailleurs, cette recherche de calme et de confort s’accompagne d’un renforcement du partenariat avec l’Association Prévention & Modération et la mise en place d’un ambitieux plan « flotte ». Hydratation maximale !
Quelles nouveautés au programme du Rhum Fest Paris ?
L’un des temps forts sera l’espace VIP, lancé en 2024 et installé dans le Hall de la Pinède. Il proposera une dégustation de 30 cuvées premium issues de 20 maisons, ainsi que des rencontres intimistes avec des producteurs en petits groupes de 15 à 20 personnes. Christian de Montaguère fera son retour avec des accords rhum-fromage et rhum-chocolat. Nous mettons aussi en place des parcours thématiques conçus avec l’expert Laurent Cuvier : il s’agira de guider les visiteurs à travers les styles et terroirs du rhum, appuyés par de grands supports pédagogiques.
Autre nouveauté : 2 tables rondes animées par le journaliste Fabien Humbert, dont l’une consacrée à un sujet central : Comment vendre du rhum en 2026 ? L’objectif est d’accompagner les cavistes dans une période de crise.
Enfin, nous souhaitons faire vivre le salon au-delà de ses murs grâce à une « Rhum Week », en lien avec des bars et cavistes partenaires comme le 1802 ou la Rhumerie.
Et côté marques ?
Nous passons de 150 marques l’an dernier à une centaine cette année, en cohérence avec la conjoncture. Nous lançons en outre un espace incubateur dédié aux jeunes marques présentes depuis moins de 3 ans sur le marché français. Nous restons ouverts à d’autres catégories, notamment les spiritueux à base d’agave, et recevons de nombreuses demandes internationales.
Après toutes ces années, Rhum Fest s’affirme comme un salon incontournable avec une ambition claire : adapter l’offre à la demande, faire revenir les grossistes, renforcer la proposition sans alcool pour le bar, et maintenir l’exigence.
