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FERNET-BRANCA : UN WORKSHOP POUR DÉSIGNER LE « COIN » DE FRANCE 2026 DE L’AMER ITALIEN 

Le lundi 9 février, Nicolas Josset, nouveau Brand Ambassador France du portefeuille Fratelli Branca (Fernet-Branca, Carpano, Borghetti), rassemblait une trentaine de bartenders venus de toute la France au bar French Riviera à Paris pour créer le futur Coin France 2026. Une compétition pas vraiment comme les autres : ici, pas de chronos, pas de stress… juste un objet symbolique qui apporte un vrai sentiment d’appartenance à la communauté du bar.

Fernet-Branca, l’amer italien de référence

Doit-on encore présenter Fernet-Branca ? Né à Milan en 1845, cet amer iconique devenu apéritif culte repose sur un assemblage secret de 27 plantes, racines et épices venues des quatre coins du globe. Profil intense, herbacé, mentholé, finale sèche et persistante : un goût qui divise autant qu’il rassemble. Et puis il y a l’étiquette. Un aigle majestueux, une bouteille serrée dans ses griffes, survolant une planète siglée Branca. Une iconographie puissante qui raconte mieux qu’un long discours l’ambition internationale de la maison. Car Fernet-Branca, au-delà d’un spiritueux, cultive quelque chose de plus rare qu’une recette secrète : un sentiment d’appartenance. Une confrérie officieuse, un clin d’œil entre initiés, un shot partagé comme un mot de passe.

Le coin : petit objet, grande fraternité

Pour la quatrième année consécutive, la France rejoint le programme des Coins Fernet-Branca. Animé par Nicolas Josset, ce workshop a rassemblé une trentaine de bartenders français autour d’un même défi : imaginer l’identité du Coin France 2026. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le Coin est une pièce symbolique qui incarne la convivialité et la fraternité dans le monde des bars. (Les curieux peuvent explorer les différentes créations sur l’Instagram Fernetcoin.) Présent pour l’événement, Nicola Olianas, Global Head of Advocacy & Ambassadors, a rappelé la genèse du projet : « Tout a commencé aux États-Unis en 2013. Quand j’ai vu la passion autour de ces Coins, j’ai compris qu’il fallait l’étendre au reste du monde. Le sens de la communauté a toujours fait partie de la philosophie Branca. Nous parlons d’ailleurs de Fratelli Branca. » Depuis 2013, le concept s’est exporté en Europe puis à l’international : Suède, Norvège, Finlande, Grèce, Italie, Espagne, France, Chine, Japon, Corée du Sud, Australie… « Aujourd’hui, chaque pays a son propre programme de Coin et l’exprime de manière différente. » explique Nicola Olianas.

Les règles sacrées du Coin Fernet-Branca

Le Coin est aujourd’hui un phénomène mondial, qui a pris une réelle ampleur. Nicolas Josset rappelle donc aux bartenders réunis les règles établies pour que la magie perdure :

  • Un Coin ne se demande jamais, il se mérite.
  • Il doit être porté sur soi. Toujours.
  • Il s’exhibe au moment opportun, idéalement posé sur le comptoir.
  • Il peut être échangé contre une autre édition.
  • On ne l’altère pas.
  • On ne le perd pas. (Jamais.)

La meilleure façon de le montrer ? Le poser sur le comptoir et commander une tournée de shots. Simple. Radical. Fraternel.

Moins de deux heures pour entrer dans l’histoire avec le Coin Fernet-Branca 2026

Après avoir trinqué autour d’un Fernandito, le fameux long drink mêlant Fernet-Branca et Cola servi par les bartenders du French Riviera, ou à la pression via le mini-bar mobile siglé Fernet-Branca imaginé par Charles Jonville des Cocktails de Charles, le défi est lancé. Six équipes de cinq bartenders, tirées au sort. Objectif : créer le design du Coin France 2026.

Les règles sont claires : représenter autour de Fernet-Branca et de sa mascotte, le crocodile Fernando, un design emblématique de la France, monument, paysage, figure artistique, spécialité culinaire… Mais pas de politique, pas de religion, pas d’automobile, pas de sport (la fameuse loi Evin veille au grain). L’an passé, Paris et le Moulin Rouge étaient à l’honneur, avec un Fernando en danseuse de French Cancan. Pas facile de rivaliser. Cette année ? Feuilles blanches, crayons de couleur, silhouettes de bouteilles, globe et aigle en autocollant. Une heure quarante-cinq pour apprendre à se connaître, confronter les idées, élire le meilleur coup de crayon et défendre un concept. Ambiance studieuse… mais détendue. Pas de chrono anxiogène. Pas de jury intimidant. Juste une énergie collective. Un vote du public désignera trois finalistes, avant la décision ultime de la maison Branca. 200 Coins seront frappés pour la France et voyageront ensuite à travers le monde.

Les impressions positives des ambassadeurs

Ce second workshop français autour du Coin Fernet-Branca a laissé des souvenirs forts, tant pour les participants que pour les ambassadeurs présents.

Pour Nicola Olianas, Global Head of Advocacy & Ambassadors : « Pour la première fois, nous avons réuni anciens et nouveaux bartenders. Ce qui était formidable, c’était de voir comment ces deux générations s’accordaient et travaillaient ensemble. Il ne s’agissait pas d’une compétition entre old school et nouvelle vague de bartenders, mais d’un projet commun où chacun apporte sa vision et ses valeurs. J’ai toujours admiré la force de la culture cocktail française. »

Nicolas Josset, Brand Ambassador France, partage son enthousiasme : « Je suis très satisfait de ce workshop, dont l’objectif était de créer le prochain design du Coin France 2026. Rassembler une trentaine de bartenders venus de Paris, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lille, Nantes, Lyon ou Nice, issus de bars, restaurants, hôtels ou de la presse spécialisée, et les voir imaginer des designs variés, à l’image de la beauté de la France et du fun de Fernet-Branca, c’était fantastique. Ces créations seront d’abord soumises au vote du public avant la sélection finale par Fratelli Branca. »

Et du côté des bartenders, les avis de chaque équipe

Equipe 1 : Ethan Vendrell de Vibes (Nice) avec Yael Mairesse du Moonshiner (Paris), Charlotte Crenn de Sœurs Carnages (Nantes), Remy Chalots de Nu (Lille), et Guillaume Herment de Zitto (Nice)

Nicolas est venu présenter le nouveau Coin Program à Yoann, mon supérieur qui m’a choisi pour vivre cette expérience. Nous travaillons souvent le Fernet-Branca au bar, notamment dans des classiques comme le Hanky Panky (Gin, vermouth rouge Antica Formula, Fernet-Branca et zeste d’orange). J’en avais entendu parler, mais cela restait assez flou pour moi. J’étais donc vraiment enthousiaste à l’idée de le découvrir de l’intérieur. Pour notre Coin, nous avons choisi de nous inspirer des vitraux de la cathédrale de Notre-Dame, symbole fort du patrimoine français et esthétiquement très puissant. Nous avons revisité Fernando en Marianne, portant le drapeau blanc orné d’une bouteille de Fernet-Branca. Un design qui évoque le partage et le rassemblement. J’ai particulièrement apprécié rencontrer de nouvelles personnes, le contact s’est fait naturellement en travaillant chacun sur ces ateliers. 

Equipe 2 : Charles Jonville des Cocktails de Charles avec Scotty Shuder du Dirty Dick (Paris), Jordan Raclot de Pineapple Room (Lyon), Lola Bichelberger de Dirty Lemon (Paris) et Eliott Roule de Ave Pizza Bar (Paris

J’ai trois Coins en ma possession, dont une du Portugal que m’a été offerte par le Brand Ambassadeur du Portugal lors de la cérémonie des 50’s Best Bars à Madrid. Je ne savais pas que derrière, des barmen l’avait désigné sous forme de compétition amicale. Pour notre Coin, on a cherché à réinterpréter Marianne et la révolution française portant une bouteille de Fernet-Branca avec le slogan « Liberté, Egalité et Fernet » marchant sur une Mappemonde. On a tous émis des idées qu’on a réuni sur ce dessin. Cette journée a été un vrai moment fédérateur, on a pris le temps de discuter autour de Fernet-Branca sans ressentir le stress d’une compétition. 

Equipe 3 : Max Caillet d’Isadora (Paris) avec Matteo Grotti de Memento (Paris), Lucien Cabrit de Bon Vivant (Paris), et Mergerdich Avedanian de Blue Bird (Paris) et Laurence Marot de Barmag (Paris)

Je connaissais déjà les Coins Fernet-Branca, j’en ai d’ailleurs cinq chez moi qui symbolise la France. Nous formions une très belle équipe aux compétences multiples. J’ai la chance d’avoir un bon coup de crayon (Max a une formation artistique) et nous avons travaillé sur le dessin avec Lucien de Bon Vivant, qui est aussi tatoueur. Nous avons cherché à représenter le terroir et la gastronomie française, avec en point central, Fernando prenant son bain dans un verre de vin en s’arrosant avec une bouteille de Fernet-Branca, entouré de vignes et d’un saucisson bien de chez nous, loin des clichés parisiens. J’ai particulièrement apprécié que Nico réunisse des barmen venus des quatre coins de la France, dans un esprit presque de société secrète. 

Equipe 4 : Corentin Le Bars de Pompette (Toulouse) avec Julien Achille de Boubalé (Paris), Paul Delion de French Riviera (Paris), Donovan Chouari de 1802 (Paris) et Lucas Khidichian de Los Franchutes (Paris)

Je n’avais pas d’idée sur le fonctionnement de ce workshop Fernet-Branca mais j’avais eu écho de certaines légendes comme le fait de présenter le Coin sur un comptoir et de partager un shot gratuitement avec le barman. Dans notre design, on a cherché à montrer les clichés et les savoir-faire français comme le « Oui Oui baguette » qui est devenu « Oui Oui Fernet » du croissant jusqu’à la banane. On a habillé Fernando d’un tablier de chef, un clin d’œil à la renommée de la cuisine française.  Je suis venu ici sans trop savoir à quoi m’attendre et je n’ai pas été déçu. J’ai beaucoup aimé cet échange, avec une équipe de cinq personnes, sur le design du futur Coin français. C’était vraiment bon enfant comme ambiance.

Equipe 5 : Océane Périé du bar Harmony (Paris) avec Aaron Skovell de Yarra (Bordeaux), Eliott Lecoeur de Dugas (Paris), Mauricio Zanette de la Cueva (Bordeaux) 

Je ne connaissais ni la genèse ni l’histoire du Coin, mais j’en avais souvent entendu parler comme d’un rituel quasi sacré dans la communauté du bar. Un passage obligé, un symbole d’appartenance. Dans mon équipe : EliottLecoeur, Mauricio Zanette et Aaron Skovell. Ensemble, nous avons imaginé une scène à la fois épique : Marianne brandissant une bouteille de Fernet-Branca comme un étendard, Fernando portant le drapeau tricolore, avançant sur un cimetière de bouteilles vides. Une allégorie assumée. La Révolution version 2026. Autre bonne surprise : le nombre important de femmes lors de l’événement. Une présence avec des caractères forts. Un détail qui témoigne d’une parité qui s’affirme petit à petit dans le paysage du bar.

Equipe 6 : Nicolas Margeot Porcheron du Caribou (Marseille) avec Ivana Blin de Jeanne Cocktail Club (Toulon), Lucas Joussement de The Cambridge Public House (Paris), Joffrey Vertalier de Lipstick (Paris) et Max Régent de Tekes (Paris)

Le Coin Fernet-Branca et son programme ne m’étaient pas inconnus. J’ai eu la chance d’accueillir au Caribou l’ambassadeur d’Italie, qui m’a confié le Coin du 175ᵉ anniversaire et m’en a transmis tout le rituel. Cet objet est un véritable brise-glace entre bartenders : il crée du lien instantanément. Au bar, je travaille beaucoup Fernet-Branca, notamment à travers le Fernandito, mais aussi dans plusieurs cocktails signatures. J’ai particulièrement apprécié l’accueil de l’équipe du French Riviera, nouveau bar du côté de République, aux accents provençaux. Pour le design du Coin, notre groupe était parti au départ sur une thématique très parisienne. Puis, au fil des échanges, un déclic : cap sur la Provence. Un champ de lavande violet pailleté, un ciel bleu éclatant traversé par le soleil, une nappe à carreaux rouges et blancs dressée en pleine nature… et Fernando, en marinière, dans le rôle du serveur. Une vision à la fois conviviale et méridionale.

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Écrit par Laurence Marot

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