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GABRIEL BOUDIER WIZARD AWARDS 2026 : DÉCOUVREZ LES 6 FINALISTES ALCHIMISTES EN LICE

Ils ne sont que six à avoir décroché leur place pour la finale française des Wizard Awards. Des profils singuliers, mais un socle commun : le sens du goût et une créativité affûtée. Leur défi ? Imaginer la liqueur la plus originale, celle qui rejoindra le catalogue de la maison Gabriel Boudier.

Colin Lach, Nuage, Dijon

Colin Lach n’est pas novice en matière de compétitions. Ce Dijonnais affiche déjà un solide palmarès, avec une victoire au Calva Club en 2023, puis au concours Calvados & Cheese imaginé par Christian Drouin en 2025. Titulaire d’une licence d’anglais, il change pourtant vite de cap pour rejoindre l’univers du bar. Il fait ses premières armes à la rhumerie La Plantation à Nancy avant de rallier Monsieur Moutarde, où il gravit les échelons jusqu’au poste de chef barman. Mais Colin ne compte pas s’arrêter derrière un comptoir. Depuis deux ans, il pilote avec sa compagne et un couple d’amis Nuage, bar à cocktails installé au cœur de Dijon. L’adresse revendique haut et fort le savoir-faire français, au point d’être devenue l’un des spots les plus en vue de la ville. Malgré un agenda bien rempli, il a répondu présent au Gabriel Boudier Wizard Awards.

« C’est un concours porté par une maison locale, donc forcément ça résonne. On travaille déjà plusieurs références Boudier à la carte, comme la crème de cassis. Pour Nuage, encore jeune établissement, c’est aussi une belle opportunité de visibilité. »

Ce qui l’a séduit ? Sortir du cadre classique. « J’aimais l’idée de toucher à une autre discipline que le cocktail pur. Concevoir une liqueur, c’est penser goût, usage et désirabilité. » Un terrain qu’il maîtrise déjà : chez Nuage, certaines créations maison passent par la macération. Pour cette édition, Colin ne visait pas simplement un bon produit, mais une vraie idée de marché. « Je voulais imaginer quelque chose qui n’existe pas encore, mais immédiatement lisible pour le public. Je me suis mis dans la peau d’un directeur marketing : créer une liqueur avec un vrai potentiel commercial. » Verdict le 11 mai.

Colin Lach

Matteo Marrocu, Mixologiste indépendant, Paris

Originaire de Sardaigne, Matteo Marrocu incarne l’homme du bar version grand angle. Un professionnel complet, nourri par la curiosité, le voyage et une solide culture du goût. À l’origine étudiant en économie et commerce, il bifurque rapidement vers la restauration, explorant tous les terrains : sommellerie, café de spécialité, service et bar. Une formation grandeur nature, complétée par de nombreuses spécialisations. Il fait ses premières armes dans les resorts de Sardaigne, où il devient chef barman à seulement 23 ans. L’ambition le pousse ensuite vers Milan puis l’Allemagne, où il affine encore sa technique et sa vision du métier. En 2017, cap sur la France. « Je ne parlais pas un mot de français. » Un détail qui ne freine pas son ascension. Il rejoint le groupe Big Mamma, devient chef barman dès 2018, puis poursuit son parcours dans des tables étoilées avant de rejoindre Nicola Battafarano à l’hôtel Lutetia. Après la période Covid, il choisit l’indépendance : consulting, missions sur mesure, événementiel et collaborations avec des marques premium. Peu adepte des concours, Matteo Marrocu avance pourtant avec calme et assurance. « Je connais bien les produits Gabriel Boudier, avec lesquels j’ai l’habitude de travailler. » Pour sa création, il a puisé dans ses racines méditerranéennes. « Je suis parti sur mes origines : l’amertume et l’acidité ». Voyages, formations, visites de distilleries : Matteo Marrocu a accumulé les expériences pour nourrir son approche.

Son objectif ? « Créer une liqueur originale qui parle immédiatement aux gens. » Face aux autres finalistes, il avance sans calcul. « Je ne connais aucun participant. Ce sera une vraie découverte. » Un inconnu pour eux peut-être. Mais sûrement pas pour longtemps.

Matteo Marrocu

Jérome Vogel, Le Bon Accueil, Malbuisson

C’est l’outsider de cette finale. Le seul candidat à ne pas venir du bar, mais de la pâtisserie. Jérôme Vogel arrive avec une trajectoire singulière… et un sérieux sens du goût. Né à Colmar, cet Alsacien de 34 ans a passé quinze années à Paris au sein de la maison Pierre Hermé, dans un univers exigeant où précision, rythme et créativité se vivent à haute intensité. Depuis un an, il a troqué l’effervescence parisienne pour un décor plus bucolique : il occupe le poste de chef pâtissier à l’hôtel-restaurant étoilé Au Bon Accueil, à Malbuisson, au cœur d’un environnement propice à l’inspiration. Mais derrière les desserts millimétrés se cache aussi un passionné de cocktails de longue date. « J’ai fréquenté plusieurs grandes adresses parisiennes comme Danico, The Cambridge Public House ou encore Mabel. » Une curiosité sincère pour le monde liquide, bien avant la compétition.

Alors, comment ce pâtissier s’est-il retrouvé en lice au Wizard Awards ? « J’ai reçu un mail concernant le concours en fin d’année. J’ai tout de suite trouvé la démarche originale : imaginer une liqueur inédite. J’adore créer, et une liqueur, c’est un terrain de jeu totalement différent. » Très vite, l’idée prend forme. « Finalement, cela ressemble beaucoup à la pâtisserie : il y a un vrai côté chimiste, entre équilibre, texture, dosage et précision. » Une approche de laboratoire, nourrie par l’instinct gourmand. Pour Jérôme, cette aventure va bien au-delà du concours. « Je suis ravi de découvrir la maison Gabriel Boudier, de présenter ma liqueur… et peut-être qu’un jour elle sera distribuée et vendue. Ce serait un honneur. »

Jérome Vogel

Mandy Flambard, L’Esprit du Samaritain, Uzès

Originaire du Gard, Mandy Flambard est la seule femme finaliste de cette édition du Gabriel Boudier Wizard Awards et peut-être la première à inscrire son nom au palmarès. D’abord formée à la cuisine, cette touche-à-tout découvre l’univers du bar à Montpellier, au sein de l’école spécialisée Ypnotik, où elle plonge avec enthousiasme dans le monde des spiritueux, des arômes et de la mixologie. Une véritable révélation. Depuis cinq ans, elle officie comme cheffe barmaid au restaurant familial, L’Esprit du Samaritain à Uzès, aux côtés de ses parents, où elle a développé toute l’offre cocktails. « Au début, c’était un peu stressant de porter ce projet, mais c’est devenu un vrai terrain d’expression. » Son style ? Des créations gourmandes, élégantes et florales. « J’aime travailler les textures, jouer avec les purées, les liqueurs, apporter du relief. » Une approche sensible et technique qui lui a déjà valu une première finale nationale au concours des sirops Mathieu Teisseire.

Pourquoi tenter la Wizard Awards ? « Gabriel Boudier est une maison très respectée dans notre métier. Le concept me plaisait : créer une liqueur originale, penser comme une créatrice de produit, pas seulement comme une barmaid. » Au-delà de la compétition, elle y voit surtout une ouverture. « Je bouge peu du Sud, je connais surtout la communauté des bartenders de Montpellier. J’avais envie de rencontrer d’autres profils, d’échanger avec les producteurs, de découvrir leur laboratoire R&D. C’est une opportunité rare. »

Mandy Flambard

Thomas Scott, L’Archipel, Dijon

Thomas Scott a le profil parfait du bartender voyageur devenu entrepreneur. Un Dijonnais globe-trotter qui connaît autant la réalité du comptoir que l’art de créer une destination. Car chez lui, un bar ne se limite jamais à une carte de cocktails : c’est un décor, une énergie, une invitation au départ. Formé en hôtellerie-restauration à Dijon, avec une spécialisation en gestion, il fait ses premières armes loin de la Bourgogne. Direction la Floride, où il passe un an et demi dans les brasseries de Walt Disney World. Une immersion grandeur nature dans l’hospitalité à grande échelle. Il poursuit ensuite son parcours à Genève pendant cinq ans, affinant son sens du service et sa vision internationale du métier. De retour sur ses terres natales, il cofonde en 2021 L’Archipel. L’adresse apporte un souffle inédit à une ville longtemps dominée par la culture du vin. Ici, l’esprit navigue entre surf culture et influences tiki, cocktails colorés, assiettes du monde, ambiance solaire et hospitalité sans raideur. Une escale festive devenue incontournable.

Alors pourquoi se lancer dans la Wizard Awards ? « À L’Archipel, on n’est pas spécialement une équipe de concours. Mais quand j’ai vu passer l’annonce, je me suis dit que l’expérience valait le détour. » Et contre toute attente, l’exercice l’a séduit. « J’ai presque trouvé plus simple de travailler une liqueur qu’un cocktail. On peut y mettre quelque chose de plus personnel, avec un vrai fond. » Accompagné par les équipes de Gabriel Boudier, Thomas a imaginé une recette fidèle à ses valeurs. « J’aimais l’idée de travailler des produits français, mais aussi de penser à ceux qui ont certaines contraintes de santé. » Une création sincère, engagée… et à découvrir lors de la finale des Wizard Awards. 

Thomas Scott

Etienne Henry, Bar du Crystal, Nancy

Pour Étienne Henry, les Gabriel Boudier Wizard Awards marquent une grande première. Premier concours, première finale… et déjà l’envie claire de viser la plus haute marche. Le Nancéien arrive porté par la fraîcheur de ceux qui n’ont rien à perdre et beaucoup à prouver. Il a appris le métier au Gavroche, véritable institution locale où il passe trois années d’apprentissage à absorber les bases du service, du rythme et de la rigueur. Il termine ensuite sa formation au Bar du Crystal, l’un des spots cocktails les plus solides de la ville, adossé au Best Western Crystal Nancy Centre. Depuis trois ans en poste, il y jongle entre grands classiques, créations maison et cocktails sur mesure. Un terrain de jeu idéal pour affûter sa technique. À ses côtés, un mentor de choix : Jocelyn Soubise, chef barman bien connu du circuit concours, passé par The Bartenders Society, Rémy Martin, Calva Club et bien d’autres. De quoi bénéficier de conseils avisés…  Le concept a immédiatement séduit Étienne Henry. « J’ai adoré cette liberté de créer une recette de liqueur. Il y a quelque chose de très ouvert, très créatif. Faire sa propre liqueur maison, c’est passionnant. » Sa création, il ne l’a pas improvisée. Tests, ajustements, dégustations, essais en cocktails : le jeune barman a pris le temps de peaufiner chaque détail. « Je voulais quelque chose de cohérent, bon pur, mais aussi intéressant à mixer. » Au-delà du résultat, le jeune barman savoure déjà l’expérience. « Découvrir les coulisses de cette maison, rencontrer les équipes, échanger avec des barmen venus de toute la France et voir la scène dijonnaise de près… c’est hyper enrichissant. J’ai hâte d’y être. » Premier concours, oui. Mais sûrement pas la dernière apparition.

Etienne Henry

(PUBLI-REDAC)

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Écrit par Laurence Marot

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