Face à la baisse de consommation et à l’évolution des usages, la filière explore de nouveaux territoires. Une tendance portée et par les producteurs et les bartenders : tous sont séduits par sa richesse aromatique, sa légèreté alcoolique, et son intérêt économique.
Même si le vin reste l’alcool préféré des Français, sa consommation a été divisée par plus de 3 en 60 ans. Les jeunes générations en boivent moins pour privilégier des expériences plus festives et ponctuelles. Face à cette évolution, le vin cherche de nouveaux terrains d’expression, notamment le cocktail.
Une idée loin d’être nouvelle : dès le XIXe siècle, vins tranquilles, mutés ou effervescents étaient présents dans des classiques comme le Sherry Cobbler ou le New York Sour. Aujourd’hui, gamay, chardonnay, sauvignon, pinot noir ou encore merlot deviennent ainsi des ingrédients à part entière. Dans un contexte où les consommateurs recherchent des cocktails plus légers et moins alcoolisés, le vin coche toutes les cases.

Bordeaux regarde vers le monde du cocktail
Pendant longtemps, Bordeaux a vécu grâce à un modèle basé sur la production de masse et l’exportation. Mais entre baisse de consommation, recul du marché chinois et surproduction chronique, la filière traversait une crise profonde.
Pour attirer de nouveaux consommateurs, certaines maisons viticoles s’intéressent au cocktail. Du côté de Mouton Cadet, voilà plusieurs années que la réflexion est engagée. Élaborée depuis 1930 par Baron Philippe de Rothschild, la maison cherche à décomplexer l’image du bordeaux. « Notre marque souffre, comme beaucoup d’autres domaines », reconnaît Marie Desprez, directrice marketing et communication.
Pour répondre à cette transformation, Mouton Cadet a lancé la collection Fresh. C’est une trilogie pensée autour de profils plus accessibles, plus fruités et plus frais. Chaque cuvée bio est signée par l’un des arrière-petits-enfants du baron Philippe de Rothschild. Après un premier rosé, la maison a dévoilé une cuvée rouge élaborée avec Pierre Ögren de Rothschild.
« Nous avons travaillé une matière fraîche avec nos vignerons, sans soufre, avec une sucrosité maîtrisée et une vinification hybride pour conserver beaucoup de fruit et de fraîcheur », explique Jérôme Aguirre, directeur technique.
Cette approche a naturellement conduit la maison vers le cocktail. Après une première expérience avec Green Cadet (un sauvignon blanc servi avec sirop de canne, citron et glace), Mouton Cadet développe aujourd’hui un Bordeaux Mule autour de cette cuvée Fresh rouge.
L’objectif : proposer une autre façon de consommer le bordeaux, plus simplement. « Le Mule s’est imposé par son acidité et sa fraîcheur. Le ginger ale permet de garder le marqueur vin tout en créant un cocktail simple et accessible », souligne Marie Desprez.

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