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HARRY’S BAR PARIS : LE CLASSICISME À L’HONNEUR

Il incarne la quatrième génération à sa tête. Franz-Arthur Macelhone poursuit l’oeuvre familiale avec une conviction intacte : en faire une force vivante, un « new cool ». À Paris comme à l’international, il réaffirme la place du lieu dans le paysage cocktail.

UN BAR À COCKTAILS… ET UNE MÉMOIRE LIQUIDE

Rendez-vous en début d’après-midi. Derrière les portes battantes en bois, le Harry’s Bar surprend par son calme. Quelques couples d’Américains sont installés un Dry Martini à la main, un Bloody Mary posé sur le comptoir. Ils observent les écussons d’universités américaines, les boiseries du sol au plafond héritées d’un imaginaire d’avant-guerre. On parle à voix basse. Rien ne semble pressé. Et pourtant tout ici est en mouvement.

Franz-Arthur MacElhone nous entraîne au sous-sol. C’est là que se dévoile une autre facette du lieu : un bureau discret mais surtout une cave impressionnante, connue de quelques initiés, dont la star italienne du bar Salvatore Calabrese. Une collection patiemment construite au fil des générations : vieux whiskies comme des Macallan Red Ribbon rares, embouteillages indépendants, chartreuse de Tarragone, cognacs des années 1970, rhums agricoles oubliés… « On n’est pas un musée ni une salle des ventes. Certaines bouteilles sont faites pour être bues. L’important, c’est de perpétuer la tradition familiale et que les gens passent un bon moment », résume-t-il.

La cave est vivante. Elle évolue au fil des voyages, des rencontres, des trouvailles. Elle exprime une idée simple : ici, l’héritage ne se conserve pas, il se partage.

Franz Arthur Macelhone

AUX ORIGINES : NAISSANCE D’UN MYTHE PARISIEN AVEC HARRY MACELHONE

L’histoire commence en 1911, lorsqu’un bar new-yorkais est démonté puis reconstruit à Paris. À l’origine, le jockey américain Tod Sloan en fait un lieu cosmopolite à l’aube des Années folles, alors que la Prohibition se profile aux États-Unis.

Mais c’est un jeune Écossais de Dundee qui transforme l’adresse : Harry MacElhone. En 1923 il rachète le bar, lui donne son nom et surtout une identité. À une époque où la culture cocktail est encore embryonnaire en Europe, il structure la carte, invente des recettes et impose une rigueur. Harry’s Bar devient un laboratoire. « C’est l’un des premiers endroits à servir du Coca-Cola, boisson encore peu connue venue d’Atlanta, et à utiliser le jus de tomate en canette. Le barman Fernand Petiot y invente en 1920 le Bloody Mary, une recette en apparence simple », explique son arrière-petit-fils.

D’autres classiques y voient le jour : le Sidecar en 1921, le French 75 en 1925, le Boulevardier en 1927, ou encore le White Lady en 1929. Autant de cocktails devenus des standards mondiaux, nés dans un lieu où […]

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Écrit par Laurence Marot

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